Dossier HON sur le vieillissement



3.3.5. Vitagènes et gérontogènes

On appelle les "vitagènes" les gènes responsables du maintien de l’homéostasie cellulaire (et de la vie) et ceux qui codent les protéines des différents systèmes des réparations (Rattan, 1998). En fonction de l’âge, les "vitagènes" deviennent des "gérontogènes". Cette transformation est soit spontanée, soit induite.

On appelle "gérontogènes" les gènes qui sont impliqués dans la régulation de la longévité ou qui initient le processus du vieillissement (Rattan, 1995).

L’existence de  gènes  spécifiques pour l’initiation du processus du vieillissement chez l’homme est souvent controversée, car selon la logique "darwinienne", les individus qui les expriment devraient être éliminés par sélection naturelle ("théorie pléiothropique antagoniste"). La sélection naturelle favorise les allèles qui procurent un avantage biologique chez les sujets jeunes, même s’ils sont désavantageux pour les sujets âgés (Albin, 1993; Smith, 1996). Cependant, des études récentes semblent remettre en doute la sélection "darwinienne". Prenons comme exemple l'inhibiteur d’activateur du plasminogène (plasminogen activator inhibitor-1, PAI-1). Dans les conditions normales, PAI-1 est responsable de la diminution de la fibrinolyse. PAI-1 provoque l'accumulation de la fibrine, protéine responsable de la formation des caillots sanguins. En plus de sa fonction dans la coagulation sanguine, PAI-1 joue un rôle dans le métabolisme des triglycérides et chez certaines personnes (homozygotes 4G/4G), elle peut induire des complications cardio-vasculaires dues à la surcharge en triglycérides (Grandt, 1997; Humphries, 1997; Margaglione, 1998). On s’imagine donc que la présence de ce gène est incompatible avec la longévité. Cependant, tel n’est pas le cas et cet allèle est fréquemment présent chez les sujets centenaires (Mannucci, 1997). Il est probable que la présence de cet allèle soit responsable d'un facteur de risque chez les sujets de 40-50 ans, mais une fois ce risque évité, la présence de cet allèle donne un avantage compatible avec la longévité.

En résumé :

La logique ordinaire ne s’applique pas toujours à la recherche scientifique. On s’attendrait, par exemple, à ce que les gènes responsables de certaines maladies mortelles à l’âge précoce, soient absents chez les centenaires. Cependant, la réalité ne semble pas confirmer cette observation. Il faut être conscient que nous avons qu’une vision partielle de différentes intégrations gène-gène et gène-environnment et que les gènes que nous supposons " mauvais " peuvent également avoir un rôle positif à jouer.

 

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  http://www.hon.ch/Dossier/Ageing/French/3.3.5.html Last modified: Fri Nov 1 2002